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L'avenir du FNB

 

Dans le Bastion N° 112, un sondage a été adressé à tous les membres du FNB et abonnés de la revue Le BASTION. Nous publions ici le résultat de ce sondage et les conséquences qui en découlent.

A la première question: « pensez-vous que le FNB doit rester indépendant de toute autre formation politique francophone? », les réponses se répartissent en 53,2 % de non et 46,8 % de oui.

Cependant, il était demandé en cas de réponse oui de préciser ce qu’on était disposé à faire concrètement pour pouvoir maintenir cette indépendance. Plus de 20% ne sont pas prêts à faire quoi que ce soit. Plusieurs personnes sont prêtes à fournir un soutien financier mensuel dont le total se monte à 160 euros. D’autres offrent leur aide comme candidat, pour distribuer des tracts Etc. Nous les en remercions! Très peu sont cependant disposés à assumer de réelles responsabilités. Je remercie les intéressés pour leurs propositions de soutien, mais cela me semble insuffisant pour assurer notre autonomie.

Le problème financier est le plus crucial. Le parti et la revue sont en déficit croissant. J’épongerai donc personnellement le déficit. Mais ceci n’est pas tenable: la solution d’une alliance, d’un cartel ou d’une fusion est indispensable à plus long terme. Elle est par ailleurs voulue par une majorité, même si celle-ci est assez faible.

Dans cette optique, la question du changement de nom perd beaucoup de sa pertinence.

Alors, question cruciale, avec qui chercher à faire une alliance? La réponse est alors assez nette. 28 % n’ont rien exprimé, la plupart parce qu’ils souhaitent que le FNB reste indépendant.

Quant aux autres choix, leur total dépasse 100% du fait que l’on pouvait se prononcer pour plusieurs possibilités.

En tête vient le FN sans Féret, avec 51,7% des voix. Le choix est donc clair. Suivent Nation, avec 20,9%, puis le Vlaams Belang avec 19,4% et Force Nationale avec 18,7%. Les partis unitaristes (BEB/BUB/UNIE) avec 11,3%, le CDF avec un peu plus de 8%, les rattachistes (RWF-RBF) avec un peu moins de 5%. Sans surprise, le PTB n’a été choisi qu’une fois. Parmi les partis non proposés, le MR vient en tête avec 4 voix tandis que le FDF en reçoit une de même que l’UDB.

Il faut remarquer que certains choix ne semblent pas très cohérents: des personnes estimant l’unité de la Belgique fondamentale ont proposé de collaborer avec le Vlaams Belang!

La conclusion du sondage est claire: on doit faire une alliance, et la majorité absolue s’est prononcée pour le FN sans Féret.

Je pense que c’est effectivement la solution la meilleure, même si elle ne plaît pas à tout le monde et peut susciter des objections bien compréhensibles.

Continuer à présenter de petites listes d’opposition n’a plus guère de sens, étant données les barrières multiples érigées par le système. Le seuil électoral de 5% est infranchissable dans le cadre de nos faibles moyens. Parmi les partis de notre tendance, il n’y a que le FN qui puisse le dépasser en Belgique francophone. On n’a donc guère le choix, si on ne veut pas continuer à disperser inutilement les voix et à gaspiller de précieux efforts. Ce qui fait le jeu du système.

Seul le FN possède actuellement la notoriété, l’électorat et les moyens matériels (élus et dotation publique) pour être efficace politiquement.

Le FN est-il devenu fréquentable? Féret semble avoir perdu définitivement la partie. Le principal obstacle est donc levé. Le FNB ne sera cependant pas dissout tant que la partie ne sera pas définitivement gagnée: il pourra au besoin servir de position de repli pour les adversaires de Féret. Il est d’ailleurs probable que le FNB présentera encore des listes FNB au élections régionales de 2009 à Bruxelles, pour des raisons tactiques.

La réputation d’inefficacité du FN est en passe de changer. J’ai observé le travail parlementaire des « réformateurs », il est en rupture complète avec le passé et les tristes prestations (ou plutôt non prestations) du clan Féret. Les nouveaux maîtres du FN font indiscutablement leur travail et aucun reproche ne peut leur être fait de ce point de vue, ni en quantité ni en qualité.

Ils ont été reconnus implicitement par les deux présidents d’assemblée fédérale (Armand De Decker et Herman Van Rompuy) qui ont débloqué la dotation du FN et ont communiqué cette décision au Sénateur Delacroix, président f.f. du nouveau FN..

Le FN est-il encore un repère de nazis? Je pense que non. Le député Charles Petitjean, (que je connaissais au PRL), dont le père a été assassiné par les nazis et la mère a été proclamée « Juste parmi les Nations », m’a assuré du contraire. De même que le député Charles Pire, un ancien notable du PSC.

Quant à ceux à qui on pourrait reprocher un passé sulfureux, ils ont pris conscience que les problèmes d’aujourd’hui et de demain n’ont rien à voir avec les problèmes d’une période noire de notre histoire. Il n’y a que les imbéciles qui n’évoluent pas!

Les attardés n’ont d’ailleurs pas été capables de comprendre que Féret a perdu le contrôle de son parti et sont restés dans le mauvais camp.

Lorsque je suis devenu secrétaire général du FNB, fin 2001, il n’était pas question pour moi de continuer pendant six ans à gérer le parti. Je n’ai jamais souhaité en devenir président et la place est restée vacante depuis la démission de Marguerite Bastien.

Le mandat que je détenais du Comité Directeur — je n’ai jamais été élu par les membres — était destiné à assurer la continuité du parti jusqu’à ce qu’une solution satisfaisante soit trouvée pour son avenir. Le résultat des négociations entreprises avec les "réformateurs" du FN me permettent de conclure enfin ce mandat avec succès.

J’avoue cependant que personnellement, rejoindre le FN, même sans Féret, me pose un problème personnel.

D’une part, jusqu’ici, j’ai été indépendant d’esprit et je n’ai jamais tenu compte des autres pour choisir mes idées. Rentrer dans une structure et me plier à une discipline de parti, perdre ma liberté de penser et de m’exprimer pour des raisons d’efficacité politique n’est pas vraiment ma tasse de thé.

Ensuite, il m’est psychologiquement difficile de m’associer, sans autre forme de procès, avec ceux que j’ai combattus durant dix ans, même si mon adversaire était Féret et non le FN.

Je ne souhaite pas non plus que l’on pense que c’est par ambition personnelle ou par intérêt, que je vais tenter de trouver un accord avec le nouveau FN. C’est parce que pense sincèrement que c’est la meilleure solution.

Enfin, je crois qu’il est nécessaire de tenter de rassembler les diverses chapelles de la mouvance, pour affronter efficacement le système. En gardant mon indépendance, je garde la possibilité de rester en contact avec les uns et les autres, dans l’espoir — sans doute utopique — de tirer un jour tous ensemble dans le même sens.

Faisant actuellement l’objet de plusieurs procédures judiciaires, et risquant d’être condamné pour « racisme », je ne souhaite pas non plus associer d’autres à l’opprobre dont je suis menacé.

Conformément à la volonté de la majorité des membres du FNB, j’entamerai donc, dès décembre, des négociations avec les « réformateurs » du FN, pour voir dans quelle mesure nous pouvons collaborer, voire fusionner.

Suite aux raisons personnelles exprimées plus haut, je conserverai ma liberté: je n’accepterai aucune rémunération, et ne figurerai pas sur des listes FN, au moins jusqu’aux élections de 2009 comprises.

Je continuerai néanmoins à participer au Bastion, et en garantirai la parution, au moins jusqu’à la fin 2008. L’équipe actuelle restera en place et il gardera sa ligne éditoriale, même si j’espère que d’autres plumes seront appelées à y collaborer. Je veillerai à conserver sa qualité et son niveau et si possible à les améliorer. Après quoi, d’autres me succèderont, je l’espère.

Je collaborerai en toute confiance avec la nouvelle équipe du FN et avec tout qui peut faire avancer de manière constructive nos idées.

Les membres qui ne partagent pas cette façon de voir peuvent demander à ne plus figurer nulle part: il suffit de le faire savoir par courrier.

A tous ceux qui ont collaboré et soutenu le FNB jusqu’ici, je dis que ce fut pour moi un honneur et un plaisir de les servir. Je les en remercie. Une nouvelle étape devrait commencer, nous devrions être plus efficaces et ainsi pouvoir enfin obtenir des résultats concrets.

Je vous tiendrai au courant de l’évolution des choses dans les prochains numéros.

FX Robert

 

(Bastion n°114 de novembre 2007)

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